Dossier spécial La Samaritaine

UN PEU D’HISTOIRE…Quand Ernest Cognacq installe sa charrette d’étoffes dans l’une des corbeilles du Pont-Neuf,le quartier n’est guère différent de la description qu’en donnait Balzac en 1837 dans son roman César Birotte. Quelques mois plus tard, la guerre avec la Prusse éclate. Ernest transforme sa petite boutique en atelier de confection d’uniformes. L’argent gagné lui permet de louer la totalité des 48 mètres carrés du café et d’épouser Marie-Louise Jay, alors « première » du rayon confection du Bon Marché. La grande aventure commence.

Dès 1872, La Samaritaine réalise un chiffre d’affaires de 300 000 francs. Cinq ans plus tard, il atteint déjà 2 millions de francs, et s’envole à 24 millions en 1888. La clef du succès ? « Vendre bon marché pour vendre beaucoup, et vendre beaucoup pour vendre bon marché. » Chaque jour, la clientèle se presse devant les vitrines et les étals pour admirer les nouveautés. « Il y avait là, au plein air de la rue, sur le trottoir même, un éboulement de marchandises à bon marché, la tentation de la porte, les occasions qui arrêtaient les clientes au passage », écrivait ainsi Emile Zola dans Au bonheur des dames.

Travaillant jour et nuit pour développer l’affaire, Ernest et Marie-Louise continuent de vivre simplement. « Un sou est un sou », répètent-ils à l’envi. Et chacun de ces sous est réinvesti dans La Samaritaine. En 1883, le couple acquiert un bâtiment mitoyen et perce une baie dans le mur pour réunir les deux édifices… sans se douter que l’ensemble risque de s’effondrer, faute d’étais. L’architecte de l’immeuble, Frantz Jourdain, découvre à temps l’état du chantier et ne manque pas de réprimander vertement le propriétaire. Bien lui en a pris : Ernest lui en saura gré toute sa vie. Quelques années après cet incident, il lui confie la rénovation de La Samaritaine, puis la construction d’un nouveau magasin. La marchandise et la clientèle déferlent : bientôt, le magasin occupera un quartier entier.

Les plans sont déposés à la préfecture en 1904. Mais l’édifice à charpente métallique dessiné par l’architecte ne convainc pas. Avec la tour Eiffel, le Tout- Paris semble avoir sa dose de fer et d’Art nouveau. Il faudra l’intervention du président du Conseil pour débloquer la situation. Le chantier est ouvert en avril 1905. Trois mois plus tard, les ventes commencent déjà dans les étages inférieurs.

Achevée en 1910, la nouvelle Samaritaine devient l’emblème des grands magasins parisiens. « C’était, dans sa fraîcheur gaie, un vaste développement d’architecture polychrome, rehaussée d’or, annonçant le vacarme et l’éclat du commerce intérieur, accrochant les yeux comme un gigantesque étalage qui aurait flambé des couleurs les plus vives » : Aubonheur des dames, de Zola (1883), s’inspirait déjà de notes et de croquis que Frantz Jourdain lui avait communiqués. Inaugurés en 1928, 1930 et 1932, trois autres magasins viendront compléter l’ensemble.

Le succès accompagnant chaque étape, Ernest et Marie-Louise souhaitent lui donner une dimension sociale : c’est la naissance de la fondation Cognacq-Jay. A vocation philanthropique, elle gère, entre autres, une maternité, une maison de repos, une maison de retraite, un orphelinat et un ensemble de logements destinés aux employés de La Samaritaine. Grand amateur d’art, Ernest achète aussi un immeuble boulevard des Capucines pour y présenter sa magnifique collection de peintures, de meubles et d’objets d’art.

Après la mort de Marie-Louise, en 1925, et d’Ernest, en 1928, leur petit-neveu, Gabriel, reprend le flambeau. Mais sa collaboration avec l’occupant pendant la Seconde Guerre mondiale l’écarte définitivement de la direction au profit de la famille Renand. Symbolisé par son éternel slogan, « On trouve tout à La Samaritaine », le grand magasin commence à sentir la poussière d’un autre siècle. Le déménagement des Halles pour Rungis, au début des années 70, n’arrange rien : une partie de la clientèle disparaît en même temps que les cageots de salades et de pommes.

A partir du milieu des années 80, le nouveau directeur, Georges Renand, rénove les quatre magasins et tente, à grand renfort de publicité, de rajeunir leur image. En vain : il jette l’éponge en 2001. La Samaritaine tombe alors dans l’escarcelle du Groupe LVMH, qui en fait une enseigne tournée vers la mode et le luxe. Mais, à peine relookée, elle doit fermer ses portes : officiellement, le risque d’incendie y est trop élevé. Curieux revers du sort, pour un magasin qui porte le nom d’une fontaine.

Source : L’Expansion.com

LE PROJET

Bernard Arnault, président-directeur général du groupe LVMH, et Bertrand Delanoë, Maire de Paris ont inauguré ce mercredi « La Maison du Projet », un lieu d’informations et d’échanges à propos de la nouvelle Samaritaine qui sera inaugurée en 2014. La Maison du Projet ouvrira ses portes dès vendredi aux Parisiens.

Anne Hidalgo, première adjointe au Maire de Paris, a pour sa part indiqué : « La nouvelle Samaritaine portera une vision partagée et généreuse de Paris avec ses commerces, ses bureaux, sa terrasse accessible à tous, ses logements sociaux comme sa crèche. C’est aussi ici que se bâtit l’avenir d’une métropole durable, respectueuse de son patrimoine, en fidélité à son histoire ».

Si la Samaritaine conserve un important espace commercial, soit 26 000 m², contre 30 000 m² auparavant, elle comptera 20 000 m² de bureaux, 7000 m² de logements sociaux pour 250 personnes, une crèche de 60 berceaux et un hôtel de 80 chambres « Cheval blanc » – groupe hôtelier dont LVMH est propriétaire. Ces activités susciteront la création de près de 2400 nouveaux emplois.

« Ce projet ambitieux, tant sur le plan architectural qu’économique, projette la Samaritaine dans le XXIème siècle. Nous avons été particulièrement attentifs à respecter l’identité du patrimoine et à observer les normes de haute qualité environnementale. Ce projet sera le symbole d’une continuité entre l’histoire des parisiens et le monde moderne » a indiqué Jean-Jacques Guiony, Président-directeur général de la Samaritaine.

Le concept architectural renouvellera l’identité de la Samaritaine en mariant réhabilitation urbaine et création contemporaine. Le bâtiment principal, très largement inscrit à l’inventaire des Monuments Historiques, fera l’objet d’une rénovation exemplaire qui mobilisera les principaux métiers de l’artisanat traditionnel. Toutes ses façades seront restaurées dans leur état d’origine et le grand hall sous-verrière retrouvera sa magnificence.

La façade rue de Rivoli, alliant modernité esthétique, intégration urbaine et performance technique, renouera avec la tradition d’innovation de la Samaritaine qui avait déjà marqué son temps, et contribuera au rayonnement de Paris.

C’est donc à la renaissance d’un quartier au cœur du 1er arrondissement qu’assisteront les Parisiens au cours des prochaines années. Le permis de construire devrait être déposé fin mai, permettant ainsi le lancement du chantier courant juillet 2012, pour une durée de plus de 2 ans.

Le projet représente un investissement de 450 millions d’euros et développera une surface de 70 000 m².
Kazuyo Sejima et Ryue Nishizawa, fondateurs de l’agence, ont déclaré : « Depuis l’ouverture du premier magasin en 1870, l’architecture de la Samaritaine n’a cessé d’évoluer, notamment sous l’impulsion de deux grands architectes novateurs : Frantz Jourdain et Henri Sauvage. C’est donc avec la volonté de préserver l’identité unique du lieu, en collaboration étroite avec les architectes des bâtiments de France, que le nouveau projet architectural a été conçu. A l’intérieur, nous avons voulu cours et verrières pour créer lumière et continuité ; à l’extérieur, une façade associant légèreté et transparence pour faire écho à l’esthétique rénovée des bâtiments historiques ».

Photo : Façade en verre de la nouvelle Samaritaine (agence Sanaa).

Source : Fashionunited.com

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